Que ce soit pendant le cours, dans le cadre d’un projet pédagogique ou celui d’activités extra-scolaires, les occasions ne manquent pas de mettre les élèves en situation, et d‘observer sciemment comment s’éveillent la curiosité, l‘intérêt ou l‘enthousiasme ainsi suscités – et de voir se développer
2) Valoriser
Une fois détecté, le talent doit être valorisé par l’enseignant. La prise en compte des différents talents des élèves – autant que faire se peut – dans la conception du cours, a un impact positif sur le travail scolaire en général. Il faudrait donc se donner les moyens d‘intégrer les talents dans les cours et dans la notation de l‘élève.
3) S‘épanouir
Plus l’élève est conscient de sa contribution au cours en général, et du bénéfice qu’il en retire lui-même au niveau personnel et scolaire, plus il est motivé, et plus le talent peut s’épanouir. A charge pour les enseignants de créer des situations d’apprentissage assez stimulantes pour éveiller l’intérêt et la curiosité des élèves.
4) Documenter
En marge des cursus scolaires, employeurs, formateurs ou universités s‘intéressent de plus en plus au parcours personnel des postulants, à l’engagement éventuel dont ils font preuve, à leurs centres d’intérêt, leurs occupations ou leurs compétences. Il faut donc que l’Ecole aide les élèves à documenter leur parcours au sens large, plus largement que par le seul bulletin scolaire – grâce par exemple à un portfolio illustrant leurs expériences, d’où qu’elles viennent (scolaire et extra-scolaire).
4. Evaluer et valoriser
L’évaluation est au service de l’apprentissage ; les 4 points clés de ce quatrième volet se résument comme suit :
1) Détecter, différencier (pour mieux apprendre)
L’évaluation doit avant tout servir à piloter le processus d’apprentissage, dont la progression se mesure au comblement des lacunes. L’évaluation sert donc en premier lieu à faire un diagnostic ; les obstacles détectés sont autant d’occasions pour progresser. Nous sommes en présence d’une nouvelle « culture de l’erreur » qui, si elle pointe les manques, c’est pour mieux se servir des erreurs et des difficultés, qui sont autant de marqueurs à partir desquels l’élève développe de nouveaux apprentissages. Cette fonction « d‘évaluation formative » permet de différencier l’enseignement et d’adapter le rythme et les méthodes d’apprentissage aux élèves.
2) Mesurer, valider (pour certifier)
Contrairement au caractère continu de l’évaluation formative, « l’évaluation certificative » mesure les acquis (les connaissances et les compétences) des élèves à la fin d’une séquence ou d’une étape d’apprentissage. Dans les classes inférieures, elle mesure par ailleurs le niveau de compétence atteint à la fin des classes de 6e et de 5e et le confronte à des standards visés : les socles de compétences.
3) Valoriser (pour motiver)
Rien n’est plus motivant que le succès. Une des fonctions les plus importantes de l’évaluation sera donc de valoriser le chemin parcouru, et de ne point s’attarder uniquement sur les obstacles rencontrés. C’est en mettant en avant les forces de l‘élève qu’on l‘encourage à se dépasser et à développer un talent.
4) Connaître ses forces et ses faiblesses (pour s’orienter)
Pour amener les élèves à travailler de façon autonome, il faut les mettre en situation « d’auto-évaluation ». La connaissance de soi, de ses propres forces et faiblesses, est la condition d’un bon choix d’orientation. L’enseignant aide ses élèves à devenir conscients de ce qu’ils savent et comprennent, et il attire leur attention sur ce qui leur manque. Les accompagner, c’est s’attacher à développer leur capacité à relier ce qu’ils savent et savent faire à ce qu’ils vont apprendre. C’est aussi leur enseigner à reconnaître les ressources pouvant les aider.
5. Piloter l’école
En ce début de XXIe siècle, l’Ecole doit faire face aux multiples exigences d’une société en pleine mutation : pour être à la hauteur de ces exigences, les écoles doivent développer leur propre vision, en cohérence avec le profil de leurs élèves. Ainsi positionnées, elles développent et cultivent un climat propice à l’ensemble de la communauté scolaire, grâce au pilotage ciblé de leur école.
Les 4 points clés du pilotage des écoles sont :
- le développement de la qualité scolaire ;
- l’autonomie ;
- la direction de l’école et la participation de ses partenaires ;
- l’accompagnement externe.
1) Le développement de la qualité
La qualité de chaque école se reflète à plusieurs niveaux : climat scolaire, enseignement et travail en classe, multitude et qualité des activités pédagogiques– et des performances scolaires des élèves.
Les différents projets d’établissement mis en place depuis plusieurs années en sont autant d’exemples concrets, tout comme la formation continue des enseignants ou les innombrables projets culturels ou sociaux qui ne cessent de voir le jour. Des outils précieux de soutien au développement de la qualité scolaire au sein des écoles peuvent être le « Plan de développement scolaire » (PDS), conçu en interne, ou la « Cellule de développement scolaire » (CDS), groupe de pilotage dans lequel sont représentés à la fois les enseignants et la direction d’un même établissement.
2) L’autonomie
L‘autonomie pédagogique telle que prévue par la loi permet aux écoles de développer leur propre profil, à la mesure des particularismes propres à leur implantation ou à une population donnée. Cette autonomie peut se traduire par des mesures singulières d’accompagnement des élèves, des programmes de promotion de talents originaux, l‘engagement socio-culturel de toute une communauté scolaire, etc.
3) Direction et participation
Si la décision, la mise en œuvre et la cohérence d’une vision au sein d’une même école relève de la responsabilité de la direction, il va sans dire qu’un tel projet nécessite l’adhésion et la participation de l’ensemble de la communauté scolaire – comités d‘enseignants, d‘élèves et de parents, sans lesquels rien ne serait possible. Sans oublier que l’inclusion de l’ensemble de la communauté scolaire dans le processus de développement scolaire est une démarche qui s‘inscrit pleinement dans le processus de développement durable.
4) Accompagnement externe
Il n’est pas rare que le point de vue d’un « regard extérieur » se révèle précieux : en éclairant d’un jour nouveau les processus de développement, quels qu’ils soient, il permet souvent d’aborder le travail de réflexion ou d’évaluation sous un autre angle, par rapport à de nouveaux projets par exemple, ou par rapportau développement du profil du lycée ou de la qualité scolaire.
[1] Cf « Mesures éducatives spécifiques pour la promotion de tous les talents en Europe. Document de travail », Bruxelles, Commission Européenne, juin 2006 les talents. Créer une telle mise en situation suppose cependant de pouvoir utiliser une palette de méthodes d’enseignement et d’apprentissage aussi large que possible.